Des particules qui s'attirent par gravité, enfermées dans une boîte dont les parois peuvent reculer. Elles portent des charges + et −, qui forment des atomes et émettent de la lumière. Rien n'entre, rien ne sort, et l'énergie totale est réglée exactement à zéro.
| Élément | Noyaux | % masse |
|---|
La ligne blanche (la somme de toutes les énergies) reste collée à zéro. Quand des îlots se forment, la gravitation devient plus négative et le mouvement plus vif d'autant. Le total ne change jamais ; c'est sa répartition qui change.
Avec 100 %, l'énergie de mouvement est répartie uniformément : un gaz chaud et homogène, où presque rien ne se structure. Avec 5 %, la plupart des particules partent froides et quelques-unes très rapides. C'est cette inégalité de départ qui permet aux îlots de naître.
La courbe rose monte : la matière se concentre, l'ordre spatial augmente. Mais l'agitation monte aussi (K, atomes plus clairs). Pour la gravité, s'agglomérer en chauffant augmente l'entropie totale : les îlots ne sont pas une exception au second principe.
Les équations sont réversibles. Inverser toutes les vitesses fait d'abord rejouer le film à l'envers, les îlots se défont. Puis le chaos amplifie les infimes erreurs d'arrondi, et le monde reprend son cours normal : la flèche du temps est statistique. Avec le rayonnement, ça ne marche plus : la lumière émise ne revient pas d'elle-même.
Une charge + et une charge − ne restent liées que si une troisième particule emporte l'énergie libérée. Chaque atome formé réchauffe donc le gaz, et un gaz chaud se réionise : la part d'atomes se stabilise. Dans une boîte fermée, cette chaleur ne peut pas partir, et elle freine la formation des îlots. Dans le vrai univers, elle s'échappe sous forme de lumière.
Deux noyaux assez rapides pour franchir leur répulsion électrique fusionnent en un noyau plus lourd, en or. L'énergie nucléaire libérée part en une rafale de photons. Deux protons ne fusionnent que si l'un devient neutron : c'est l'interaction faible, très improbable, qui donne un deutérium. Sans ce frein, la fusion chauffe tout et les îlots ne se forment plus.
Les parois sont des pistons. Un photon qui rebondit sur une paroi qui recule lui cède un peu de son énergie : la lumière se décale vers le rouge, et la boîte grandit. Le bouton « Poussée » laisse aussi les particules pousser. La lumière des îlots gonfle l'univers, et l'univers qui gonfle refroidit la lumière. Un choix de modèle : en relativité, la lumière freine l'expansion.
Une paire + / − proche émet de la lumière, qui emporte l'énergie de son mouvement relatif : les atomes se tassent et les collisions refroidissent le gaz. Les photons restent dans la boîte, et l'énergie qu'ils portent figure dans le registre (R). Une paire proche peut aussi réabsorber un photon qui passe. Sans absorption, le gaz évacue sa chaleur et les îlots se forment ; avec, la boîte fermée finit tiède et uniforme.